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Je me souviendrai de la mère d’Ilan. Une voix dans laquelle, à un moment donné, est concentrée toute l’émotion nationale. Un deuil, un effroi devant le barbarisme, ce qu’ils ont fait à Ilan. Il y a un mois, Ruth Halimi a déclaré dans Haaretz, sa première interview après son énorme chagrin : « Si Ilan n’avait pas été juif, il n’aurait pas été assassiné ». Sur RTL, avant de parler, la première fois, elle a dit « Ilan Z’L était un ange ». Sur les écrans de télévision, on ne voit pas son visage. Des mains sur France 2 et un plan du bas de son visage sur TF1. Un pull bleu ciel déchiré volontairement selon le rite pour marquer le deuil. « Ilan n’est pas mort pour rien », dit-elle. Une voix qui bouleversa la France, il y a à peine un mois. La France découvre la maman d'Ilan, une maman juive et chacun sait combien un fils est sacré pour une mère juive. Une maman seule avec ses deux filles et son fils, le seul homme à la maison. Une famille qui n'avait pas les moyens de payer la rançon demandée par les barbares. "La veille de la découverte de son corps, j'ai rêvé d'un bébé qui saignait. J'ai pensé; il est mort. Le lundi, j'ai lu dans la presse, l'histoire d'un homme qu'on avait retrouvé torturé. J'ai tout de suite pensé à lui", raconte-elle dans 20 minutes quelques jours plus tard. "Ilan était un garçon de 23 ans ouvert, sa copine était asiatique, il avait des copains arabes. Son copain arabe est justement là, au micro de radio shalom, le jour de la Shiva, une semaine après le deuil. Ilan ne faisait pas cas des différences. "Pas de mauvaises fréquentations. Rien à dire! dit son autre copain, Jérémy. La veille de son enlèvement, le groupe de copains étaient allés en boîte. Ils étaient tous fatigués pour remettre ça le funeste vendredi. Ilan aimait la vie. Il était entré très tôt dans la vie active. "Il voulaient gagner sa vie pour vivre normalement, mais pas devenir milliardaire", dit son copain. Il rêvait de partir en Israel rapporte sa mère. C'était un bon vivant, il n'avait pas son pareil pour raconter avec force humour et imitation sa semaine, se souviennent ses soeurs Yael et Anne-Laure. Un mois après, avec une voix digne et un français distingué, madame Halimi raconte quel est son état d'esprit à Shlomo Malka sur RCJ, au centre Rachi, son lieu de travail. Elle dit avoir repris le travail "pour émerger". Elle a pris conscience de la dimension internationale de son drame. Sur la méthode de la police, elle dit : "Ils nous ont demandés de ne pas répondre aux ravisseurs pour les faire céder. Pedant ce temps les barbares se sont acharnés sur Ilan. Elle regrette de ne pas avoir médiatisée l'affaire de l'enlévement "du fiston" comme l'appelait les flics de la Crim'. Sur les tortures infligées à son fils, elle dit : "Cela va de Carybe en Scylla" mais avoue n'être informée que par le biais d'Internet. "L'humanité est menacée quand certains sont prêts à tuer pour de l'argent" dit Ruth Halimi à Fogiel sur RTL. Sur RCJ, elle répète, "Ilan ne doit pas être mort pour rien" et annonce la création d'une fondation Ilan Halimi pour lutter contre la barbarie et soutenir les gestes en faveur de l'humanité.