Je me souviendrai bien entendu de la tache dans l'histoire de la France, de ce 19 mars, quand on a tué dans une école à bout-touchant des enfants. Il a fallu 15 jours pour faire le deuil quand tout le monde considéré déjà cela comme un gros faits divers surmédiatisé, comme pour minimiser ce qui s'est produit.
Lundi à la synagogue de Versailles, les paroles ont permis de mettre des mots sur ce choc qui a privé de descendance une famille et atteint chacun d'entre nous au plus profond de ses racines.Je me souviendrai de l'ami de la famille, le rabbin Goldman qui explique comment une douleur personnelle a été partagée par tous et toutes. Je me souviendrai du pardoxe : le père et le grand-père endeuillé a su par ses paroles dignes consoler ceux qui voulaient le consoler mais ne trouvaient pas les mots. Je me souviendrai du grand rabbin de France qui a souligné comment une partie des valeurs de la France ont été touchées par ces assassinats : "On a atteint ceux qui protègent (les militaires), ceux qui enseignent (le professeur) et ceux qui apprennent (les enfants)". Je me souviendrai du président du CRIF qui s'est souvenu de la fois où les regards se sont croisés à Toulouse après le drame. "Un moment qui me hantera longtemps".Je me souviendrai des paroles du père et du grand-père, Samuel Sandler qui a rappelé la vocation de Jonathan : transmettre et enseigner. Il souhaite la perpétuer en créant une école où l'on lira au fronton à la fois "liberté, égalité et fraternité", mais aussi "aime ton prochain comme toi-même". Dans un de ces dernier écrit, Jonathan, le père d'Arié et Gabriel, répondait à la phrase de Sartre "l'Enfer c'est les autres" par : "Les autres, c'est le paradis". Mais ce matin, ce lundi de retour à l'école, deux conceptions diamétralement opposées du monde se sont malheureusement croisées pour le pire.