Je me souviendrai d'Amy Winehouse. De grands yeux peinturlurés à la Cléôpatre, cette choucroute postiche sur la tête, ses longs cheveux noires à la Esméralda, ses tatouages sur ses épaules, ses jambes trop maigres d'anorexique et surtout ce timbre de voix à nul autre pareil. La voix d'une femme de 24 ans, londonienne, des quartiers nord, d'un père chauffeur de taxi et d'une famille de musiciens juifs. Une voix qui semble trafiquée mais qui est bien la sienne. Il y a de l'Aretha Franklin, un timbre nasillard, blues et jazzy. Un instrument unique. Cette Amy Winehouse (maison du vin !) continue de défrayer la chronique, saoul sur scène, à l'hosto après une overdose, en sang après une bagarre avec son boy friend devenu mari et une injection de drogue entre les orteils ! Elle aurait traité Madonna de "vieille dame" et aurait interrompu un discours de Bono d'un retentissant "Tais toi !" Cette voix qui a du coffre avec un corps maltraité et amaigri offre un condensé de la Motown de Diana Ross, des Doors et du phrasé rap. De la belle mélodie (on croit entendre "baby love" et "ain't no montain higth enought"), du blues qui trasperce les coeurs et une présence digne de Janis Joplin, dans le genre, elle donne toute son âme à son art. C'est la révélation de l'été, une étoile est née avec une voix qui a du vécu à à peine 24 ans. En plus, ces disques se vendent bien, comme quoi tous les cerveaux ne sont pas lobotomisés par les rappeuses à la française toutes interchangeables. Il semble même que cette douée de la soul soit meilleure en live qu'en studio. Ecoutez ... http://www.youtube.com/watch?v=ZB4PdXtY5L4