Je me souviendrai de l'été et de son long cortège de personnes célèbres disparues. Serrault, l'incontournable. Brialy, le chef des peoples français, l'homme de toutes les cérémonies et obsèques. Des cinéastes, Antonioni et le religieux symbole, Lustiger. Jean-Marie de son prénom. Il restera celui qui était juif et est devenu cardinal. Unique en son genre, à la manière de l'Abbé Pierre, bien parisien, bien médiatique. Il est celui dont on disait, il sera le prochain pape, le dernier pape tant son parcours est symbolique, trait d'union entre les deux grandes religions. Un renégat pour certains. Il a dit aux Immortels (ceux de l'académie) : "partir pour rejoindre son illustre prédecesseur, le cradinal de Richelieu". Lustiger, c'est un concentré de Notre Dame de Paris, du sac de billes de Joffo, à la croisée du nazisme et du stalinisme, toute une époque qui s'envole. "Prononçait mon nom, on vous dira le Juif. Et si Hitler revenait, il mettrait "juif" sur ma carte d'identité", répondait Lustiger à un journaliste. Un extrait repris dans le zapping mais qui résume bien l'homme médiatique.