Je me souviendrai du bal des casses pieds. Ils sont capables de tout, ils osent tout, c'est à cela qu'on reconnaît les cons dit-on. Ils te harcèlent, t'empêchent de travailler, de souffler, de penser. Ils peuvent surgir par la porte de l'agence ou au hasard d'un coup de fil. Il prennent le lieu de travail pour un office de tourisme et te demande un lieu, une rue, une date. Ils te prennent parfois pour La Poste "Vous avez pas un timbre ?", pour une papeterie où l'on ferait des photocopies gratis. Ils peuvent prendre ton lieu de travail pour un bureau des pleurs : "J'ai perdu mon chien, je cherche mon chat, on a tué mon cygne ! On a coupé l'éléctricité, faites quelque chose sinon j'appelle Julien Courbet !". Il y en a qui viennent soulager une solitude en te demandant de déjeuner avec eux ou se défouler d'une schizophrénie aigüe. Toute la vie avec sa fureur et ses misères ! C'est aussi ça le journalisme de proximité ...